Depuis la fin des tarifs réglementés de vente du gaz, chaque syndic doit arbitrer, à l’échéance du contrat de son immeuble, entre une offre à prix fixe pluriannuel et une offre indexée sur le prix repère de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Ce choix engage directement le budget des charges sur plusieurs années et doit être défendu devant le conseil syndical.
Réponse directe : Il n’existe pas de contrat universellement meilleur. Un prix fixe pluriannuel sécurise le budget d’un immeuble fortement consommateur (chauffage collectif), tandis qu’une offre indexée convient mieux à un immeuble à faible consommation et à un conseil syndical tolérant une variabilité des charges. Le bon réflexe consiste à partir du profil de consommation réel de l’immeuble, puis à comparer les offres sur une base homogène (HT/TTC, CAR, acheminement, engagement).
Fin des tarifs réglementés : quel contrat de gaz pour votre copropriété ?
Depuis le 1er juillet 2023, les tarifs réglementés de vente du gaz (TRVg) ont disparu pour l’ensemble des consommateurs, y compris les copropriétés. Cette suppression découle d’un arrêt du Conseil d’État de 2017 jugeant ces tarifs contraires au droit européen de la concurrence. Chaque immeuble raccordé au gaz naturel doit désormais être couvert par une offre de marché souscrite auprès du fournisseur de son choix.
Pour un syndic, cette évolution change la nature même de la décision. Il ne s’agit plus de reconduire un tarif administré, mais de sélectionner un contrat commercial dont la structure tarifaire, la durée et les indexations déterminent l’évolution des charges. Avant d’ouvrir toute consultation, il reste indispensable d’évaluer la consommation de gaz de la copropriété avant de choisir un contrat, afin de disposer d’une base chiffrée commune à toutes les offres étudiées.
Enjeu pour le conseil syndical : le contrat retenu conditionne la stabilité des appels de charges liés au gaz pendant toute sa durée. Un dossier de comparaison documenté facilite la validation de l’arbitrage en assemblée.
Prix repère de la CRE en septembre 2026 : les tarifs par usage
Depuis la disparition des TRVg, la CRE publie chaque mois un prix repère de vente du gaz. Ce prix repère n’est pas un tarif obligatoire, mais une référence de comparaison pour les consommateurs et les fournisseurs. Il distingue plusieurs usages, car l’abonnement et la part variable varient selon qu’un immeuble consomme du gaz pour la cuisson, l’eau chaude sanitaire ou le chauffage collectif.
Selon une actualité de Service-public.fr citant la CRE, le prix repère de vente du gaz s’établissait à 172,05 €/MWh TTC en moyenne en septembre 2026, avant de passer à 182,88 €/MWh TTC en octobre 2026, soit une hausse de 6,3 %. Ces valeurs moyennes englobent plusieurs profils d’usage et doivent être resituées selon le poste de consommation dominant de l’immeuble.
Ce qu’il faut retenir sur le prix repère CRE
- Le prix repère est une référence mensuelle publiée par la CRE, exprimée en €/MWh TTC.
- Il varie selon l’usage : cuisson, eau chaude sanitaire, chauffage collectif.
- Il sert de base de comparaison, pas de prix imposé aux fournisseurs.
- Les offres indexées de marché s’alignent sur ses évolutions mensuelles.
Pour un immeuble dont le gaz n’alimente que la cuisson et l’eau chaude sanitaire, le poste énergie pèse peu dans les charges totales : la part de l’abonnement devient relativement importante. À l’inverse, pour un immeuble chauffé collectivement au gaz, la part variable (€/kWh) représente l’essentiel de la facture, et chaque variation du prix repère se répercute fortement sur les charges annuelles.
Prix fixe pluriannuel ou prix indexé : quel arbitrage pour votre copropriété ?
Le choix entre un contrat à prix fixe pluriannuel et une offre indexée dépend avant tout du profil de consommation de l’immeuble et de la tolérance du conseil syndical à la volatilité des charges. Dans un contrat à prix fixe, le prix du kWh HT est garanti sur toute la durée (généralement un à trois ans) ; dans un contrat indexé, il évolue mensuellement ou trimestriellement en fonction d’une référence, le plus souvent le prix repère de la CRE.
Selon le médiateur national de l’énergie, le marché français propose en parallèle des offres à prix fixe « tout compris », des offres garantissant uniquement le prix de l’énergie fixe, et des offres indexées sur le prix repère CRE. Aucune catégorie n’est systématiquement plus avantageuse que les autres : la pertinence dépend du contexte de l’immeuble et du moment de la souscription.

Comparaison synthétique prix fixe vs prix indexé
| Critère | Prix fixe pluriannuel | Prix indexé |
|---|---|---|
| Prix du kWh HT | Garanti pendant toute la durée du contrat | Évolue selon la référence (prix repère CRE, indice de marché) |
| Visibilité budgétaire | Élevée : charges stables sur la durée | Faible à moyenne : révision mensuelle ou trimestrielle |
| Exposition à une hausse du marché | Protégée pendant la durée du contrat | Directe et immédiate |
| Bénéfice en cas de baisse du marché | Nul : prix figé au niveau souscrit | Répercussion sur la facture |
| Profil d’immeuble adapté | Chauffage collectif, consommation importante, charges sensibles | Faible consommation, tolérance à la variabilité |
Avantages et limites du prix fixe pluriannuel
- Budget des charges prévisible sur plusieurs exercices.
- Protection contre les hausses du marché pendant la durée du contrat.
- Argumentation simple à défendre devant le conseil syndical.
- Facilite l’élaboration du budget prévisionnel annuel.
- Aucune répercussion en cas de baisse du prix repère.
- Niveau de prix dépendant du moment de la souscription.
- Frais ou conditions de sortie souvent plus stricts.
- Prix souscrit pouvant inclure une prime de risque fournisseur.
L’offre indexée fonctionne en miroir : elle expose la copropriété à la volatilité du marché mais permet de bénéficier des phases de détente des prix. Dans un marché encore soumis à des mouvements marqués, elle demande un suivi régulier et une communication transparente auprès des copropriétaires sur les variations possibles d’un trimestre à l’autre.
- Immeuble chauffé collectivement au gaz, charges sensibles :
Un prix fixe pluriannuel sécurise le budget et limite les écarts d’un exercice à l’autre.
- Immeuble à usage cuisson et eau chaude uniquement :
Une offre indexée reste souvent acceptable car le poste gaz pèse peu dans le total des charges.
- Conseil syndical souhaitant arbitrer activement :
Une offre indexée avec clause de sortie souple permet de repasser au fixe si le marché se détend.
- Échéance en période de prix de marché élevés :
Envisager un contrat court avant un éventuel passage au fixe quand le marché est plus bas.
Vigilance sur l’anticipation : aucune analyse de marché ne garantit l’évolution future du prix du gaz. Le choix doit rester guidé par le profil de consommation et la tolérance au risque de la copropriété, pas par une prévision de prix.
Comment choisir et souscrire un contrat de gaz en copropriété ?
Une mise en concurrence rigoureuse repose sur une méthode en quatre temps. L’objectif est de disposer d’un dossier homogène, défendable en conseil syndical, et comparable d’un fournisseur à l’autre.
- Évaluer la consommation annuelle de référence (CAR)
La CAR correspond à la consommation annuelle estimée de l’immeuble, exprimée en kWh. Elle sert de base aux fournisseurs pour construire leurs offres. Elle s’appuie sur les relevés des exercices passés et sur l’usage réel (cuisson, eau chaude, chauffage).
- Rédiger un cahier des charges homogène
Préciser l’usage, le profil horaire si disponible, la durée souhaitée, les options (biogaz, origine, services) et le format attendu des réponses (prix HT du kWh, abonnement, acheminement, taxes).
- Consulter plusieurs fournisseurs sur la même base
Demander systématiquement un prix HT et TTC, la décomposition molécule / acheminement / taxes, la durée d’engagement et les conditions de révision ou de sortie.
- Comparer sur un coût annuel estimé global
Reconstituer la facture annuelle sur la base de la CAR pour chaque offre, puis comparer les totaux. Vérifier les clauses de reconduction tacite et de sortie anticipée.
Pour que la comparaison reste lisible, chaque chiffre doit être présenté dans la même unité et avec la même mention HT ou TTC. Une offre affichée en €/MWh HT n’est pas comparable telle quelle à une offre affichée en centimes/kWh TTC : la conversion doit figurer dans le tableau de synthèse.
Cas pratique
Une copropriété de 40 lots chauffée collectivement au gaz dispose d’une CAR estimée à 450 000 kWh. Son contrat arrive à échéance. Le syndic consulte trois fournisseurs sur un cahier des charges unique, demande un prix HT et TTC du kWh, l’abonnement, l’acheminement et la durée d’engagement. Il reconstitue le coût annuel estimé de chaque offre à partir de la CAR, compare les contrats à un an indexé et à deux ans fixe, puis présente au conseil syndical un tableau unique avec les trois totaux TTC et les clauses de sortie. L’arbitrage est voté sur une base chiffrée et documentée. Ce scénario est hypothétique et illustratif.
Pour aller plus loin dans la lecture d’un bordereau d’offre, un paramètre sous-estimé du prix du kWh gaz pro mérite une attention particulière lors de la comparaison des propositions reçues.
Faire accompagner votre copropriété par un courtier en énergie
Lorsque le syndic gère plusieurs immeubles, la mise en concurrence des fournisseurs peut rapidement représenter un volume de travail incompatible avec les délais de l’échéance contractuelle. Un courtier en énergie prend en charge l’évaluation de la consommation, la rédaction du cahier des charges, la consultation des fournisseurs et la synthèse comparative à destination du conseil syndical.

Le déroulé type d’un accompagnement couvre un audit de la consommation à partir des factures et relevés, un appel d’offres auprès de plusieurs fournisseurs de gaz, une analyse des réponses sur une base homogène (HT/TTC, CAR, acheminement, engagement) et un suivi du contrat une fois signé. Pour le syndic, cette méthode produit un dossier argumenté qui facilite la décision en conseil syndical et simplifie la justification du choix retenu auprès des copropriétaires. Opéra Energie figure parmi les acteurs qui proposent ce type d’accompagnement sur l’évaluation de consommation et la mise en concurrence.
Quelle que soit la formule retenue, l’évolution du prix du gaz sur 10 ans rappelle l’intérêt de documenter chaque décision contractuelle, afin de pouvoir expliquer, à chaque échéance, pourquoi un prix fixe ou un prix indexé a été privilégié à un instant donné.
Un prix fixe pluriannuel est-il toujours plus avantageux qu’une offre indexée ?
Non. Le prix fixe sécurise le budget sur la durée du contrat, mais il ne bénéficie pas des éventuelles baisses du prix repère CRE. Son avantage dépend du niveau de prix au moment de la souscription et du profil de consommation de l’immeuble.
Quelles conséquences a eu la fin des tarifs réglementés pour la copropriété ?
Depuis le 1er juillet 2023, chaque copropriété doit être couverte par une offre de marché. Le syndic doit choisir un fournisseur, négocier un contrat et documenter son arbitrage, puisqu’aucun tarif administré n’est plus disponible.
Quels critères comparer entre deux offres de gaz pour un immeuble ?
Le prix du kWh en HT et en TTC, le montant de l’abonnement, le coût d’acheminement, la CAR retenue, la durée d’engagement, les conditions de révision et de sortie, et le cas échéant les options biogaz ou d’origine garantie.
Qu’est-ce que la consommation annuelle de référence (CAR) ?
Il s’agit de la consommation annuelle estimée de l’immeuble, exprimée en kWh, utilisée par les fournisseurs pour calibrer leur offre. Elle s’appuie sur l’historique des relevés et sur les usages du gaz dans la copropriété.
À l’échéance du contrat, la décision la plus défendable reste celle qui s’appuie sur un dossier chiffré : CAR validée, offres comparées en HT et en TTC, scénarios d’évolution présentés et clauses de sortie clairement identifiées. Dans un marché encore sensible aux variations, cette méthode permet au syndic de défendre son arbitrage devant le conseil syndical sans surpromettre sur l’évolution future du prix du gaz.
